Utopie / Dystopie
Programme (provisoire) des Conférences de Berder
(11-13 Sept-2026, Saint-Jacut-de-la-Mer)
Réservation
- Lauric Guillaud : Utopie, histoire d’un contresens.
- Christian Chelebourg : Ecofictions et éternel retour.
- Gilles Ménégaldo : Formes de la dystopie dans le cinéma hollywoodiens des années 70’s (THX 1138, Soleil vert, L’Âge de cristal, Zardoz).
- Jean-Christophe Pichon : Chimères et cycles du temps.
- Julien Pichon :Utopie fondatrice, énigmes irréductibles : les mathématiques à l’épreuve de l’absolu.
- Rémy Boyer : Métaphysique et initiation.
- Julien Debenat : Philip K. Dick, le maître des châteaux de cartes.
- Jacqueline Gestain : Trois livres prophétiques (Huxley, Orwell, Bradbury).
- Groupe de recherche dirigé par J. Debenat : Restitution des travaux sur les concordances entre les grands évènements de l’histoire notamment au regard des cycles de Jean-Charles Pichon.
Les rencontres seront également enrichies de débats, de spectacles, de lectures, d’évènements
et de moments festifs.
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Louis Welden Hawkins, Le Sphinx et la Chimère, 1906, Musée d’Orsay (détail)
Chimère. Ce monstre destructeur, cracheur de feu, est un composite de trois animaux mythologiques, le lion – la royauté – symbole de force mais aussi d’impétuosité et d’orgueil, la chèvre – la fécondité – symbole de l’éclair chez les Grecs, mais également de luxure, et le serpent – le savoir – un des symboles de la lumière chez les anciens, un dieu grand, triple et unique dans le symbolisme religieux de l’ancienne Égypte. Le serpent Atoum, cracha la création tout entière au début des temps : « … le monde retournera au chaos, à l’indifférencié, je me transformerai alors en serpent qu’aucun homme ne connaît, qu’aucun dieu ne voit ! » Le serpent fut un démon satanique pour les bestiaires du Moyen Age, un symbole de mort et de renaissance.
Pour certains commentateurs, les trois animaux constituant la chimère (détruite par Bellérophon chevauchant Pégase) rassemblent le printemps, l’été et l’hiver, soit un écoulement du temps qui nous conduit de l’éclosion à la décomposition. Un chemin qui part de l’utopie pour conduire l’humanité irrémédiablement vers la dystopie dans un même voyage : un grand rêve chimérique.
Ce renversement a été représenté dès le XIIe s. par le Carnaval des Fous, ressuscitant les Saturnales romaines, autour du 28 décembre – jour des Saint-Innocents : le fou montait sur le trône.
Dès les dernières décennies de la Renaissance européenne (au début du XXVIe s.), Thomas More (exécuté en juillet 1535 : « je vous en prie, je vous en prie, Monsieur le lieutenant, aidez-moi à monter, pour la descente, je me débrouillerai… ») inventa le concept du « nulle part » (Utopia, 1516) – faisant écho à l’Éloge de la folie de son
ami Érasme. Ce concept prophétisait, à partir d’une communauté humaniste, le communiste socialiste (utopie communautaire), puis la mondialisation (utopie économique) préfigurant le délitement de notre actuelle civilisation.
Sommes-nous condamnés à disparaître de la forme où nous vivons engoncés dans un cycle du temps irréversible, bien que fondé sur le principe du renversement, sous le regard imaginaire de Thomas More, le supplicié, mettant en garde ses innombrables lecteurs contre un imminent désastre : la dévoration de la chimère ?
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