L’avant-dernier livre de Jean-Christophe Pichon

Jean-Christophe Pichon – Berder 2018

L’avant-dernier livre

HENRI VEYRIER : SOLDEUR, LIBRAIRE ET ÉDITEUR

Il y a deux ans, je proposais à Henri Veyrier d’écrire sa biographie. Henri Veyrier consacra sa vie aux livres, il fut libraire, soldeur, puis éditeur dans la seconde partie du XXe.

À partir de 1992, il abandonna l’édition et se consacra exclusivement à la solde et à la librairie. Il traversa alors une        période où le « marché » du livre (incluant la distribution) se transformait, notamment avec la naissance d’internet. À tel point que la question de sa pérennité sur le support papier se posa. Réflexion qui nous amène à revisiter l’histoire du livre papier et nous projeter, au travers de la vie d’Henri Veyrier et de l’histoire de l’édition au XXe, dans le cycle de notre civilisation occidentale pour tenter de comprendre quels furent le rôle et le sens de l’œuvre littéraire. Et dans l’hypothèse de la disparition de        son support, qu’allait-elle devenir ?

LIVRE ET ÉDITION AU XX :

MÉTAPHYSIQUE ET RÉVOLUTION

En travaillant sur la biographie d’Henri Veyrier, il est apparu que la création littéraire suivait, voire impulsait les grandes marées de notre civilisation de sa naissance à sa possible disparition ; passant par l’imaginaire physique quantique (les équations en précédèrent l’observation). Dès la fin du XIXe, les grands novateurs tels Lautréamont (Les Chants de Maldoror), ou Edgar Poe (Euréka), annonçait à leur manière ce qu’allaient être Tzara et le dadaïsme, Breton et le surréalisme, Freud et la psychanalyse, Isou ou Hausman et le lettrisme, Picasso et le cubisme, l’action painting de Jackson Pollock et le chamanisme ; puis Debord et le situationnisme (la Cité nue), ou bien encore Derrida et la déconstruction.

La dislocation de la forme littéraire, poétique ou picturale (précédant ou coexistant avec la fracture de la société), était finalement indissociable de la fission nucléaire – ainsi que la poésie ou la métaphysique l’était de la nouvelle physique, de la

diffraction de la lumière, du principe de relativité et de dilatation du temps (déjà utilisé dans les calendriers mayas), et imaginés en 1905 par Albert Einstein.

Il s’agissait d’une importante révolution de la pensée, annoncée par les poètes, les écrivains ou les peintres ; par des métaphysiciens tels Freud, Jung (psychanalyse et archétypes, Le Livre rouge et l’inconscient) ; par des groupes ou des collectifs.

Sont apparues, alors, d’innombrables revues, en France et à l’étranger (Littérature, Sur, Planète, etc.) porteuses d’une nouvelle forme de littérature métaphysique, fantastique, de science-fiction ou de fantasy ; également associée au cinéma (le septième art né de la lumière). Elles ont nourri nos livres contemporains. Ces livres, ou du moins leurs contenus, ont dessiné les contours du siècle pour le meilleur et pour le pire, si on y associe les bombes d’Hiroshima et de Nagasaki. Tous les éléments contenus dans le grand œuvre littéraire, enchâssés dans une structure compacte, convergeaient vers un point bien réel dans notre inconscient collectif.

… Voir la suite dans Compte-Rendu de Berder 2018

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