Le temps dans les films de Christopher Nolan : Inception / Interstellar de Julie Cloarec-Michaud

Julie Cloarec-Michaud – Berder 2018

Le temps dans les films de Christopher Nolan : Inception/Interstellar

INTRODUCTION

Qu’est-ce que le temps ? Si notre position dans le monde se définit par le « hic et nunc », le « ici et maintenant », se demander ce qu’est le temps revient à se demander (en partie, ou du moins, en moitié) où nous sommes, à s’interroger sur notre place. C’est se pencher sur le rapport étroit de l’espace et du temps. Il est donc impossible, semble-t-il, de poser la question du temps sans la relier à celle de notre position et, donc, de notre identité. Finalement c’est notre complet rapport au monde qui est questionné lorsque l’on touche à cette question : tant parce que demander à quelqu’un ce qu’il pense du temps revient à attendre une réponse subjective, toute empreinte d’un ressenti et d’une perception somme toute singulière, tant aussi par le fait que la question du temps est, par définition, relative. C’est bel et bien cette question de la relativité qui est au cœur même de l’œuvre de Christopher Nolan. Cette relativité est à la fois traitée de manière littérale et dans son sens propre à travers son aspect scientifique, mais elle l’est également de manière existentielle et dans son sens figuré à travers son aspect psychologique. C’est cet aller-retour permanent qu’opère le cinéaste entre la rigueur géométrique scientifique et l’élan vagabond de l’esprit onirique qui donne toute la puissance et toute l’amplitude épistémologique et esthétique à son œuvre.

Notre propos consistera à rendre compte de cette richesse au travers d’un exposé qui se concentrera à maintenir présent l’enjeu de la relation de la question du temps avec celle de l’identité afin de montrer à quel point définir le temps revient à se définir soi-même. Ce sera alors l’occasion de s’arrêter sur des thèmes clés (comme celui du labyrinthe, de la gravité, de la subjectivité, de l’intersubjectivité, du désir de compréhension face à l’incompréhension des phénomènes, etc.), prétextes à mieux distinguer et articuler tous les acteurs en jeu dans la construction d’une œuvre cinématographique dont la réussite repose sur l’équilibre qu’elle maintient entre entendement et intuition, compréhension et croyance, impossible et possible.

durant cet exposé le point de vue de l’artiste sera utilisé à une double fin et dans une double approche: à la fois pour montrer comment l’œuvre artistique peut apporter sa contribution à la compréhension du monde en proposant une fiction illustrative des difficultés de conceptualisation de la science, mais également pour montrer que l’attitude de l’artiste lui-même, c’est-à-dire du créateur, est également une démarche épistémologique tout autant qu’esthétique. Aussi je parlerai ici autant des films Inception et Interstellar que des choix et des positionnements de Nolan lui-même.

… Voir la suite dans Compte-Rendu de Berder 2018

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